Forte de résultats encourageants dans la lutte contre les infections nosocomiales, contractées dans un établissement de santé*, la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a décidé, mercredi 21 janvier, d'étendre le programme de prévention à tous les secteurs de soins tels hospitalisation à domicile et médecine de ville.

Les infections nosocomiales touchent chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes et, selon une enquête de 2001, en tuent près de 4.000. Les traitements antibiotiques rendant certaines bactéries résistantes sont un facteur de risque supplémentaire.

* Entre 2001 et 2006, on a noté une diminution de 12 % de la prévalence des patients infectés, de 40% de ceux infectés par un staphylocoque multi-résistant aux antibiotiques. Le taux d’infections nosocomiales en France est parmi le plus faible par rapport à celui observé dans les autres pays européens.

Classement des hôpitaux, cliniques et HAD sur la prévention des maladies nosocomiales

Le ministère a publié mercredi son classement 2007 des établissements de santé, le quatrième du genre, en fonction des efforts faits en matière de prévention et de lutte contre ces infections : moyens mis en place, utilisation des produits hydro-alcooliques pour se laver les mains, surveillance des patients après une chirurgie, bon usage des antibiotiques...

L'hôpital Marie-Lannelongue est classé 40ème sur 325 centres de santé de moins de 300 lits.
Le classement met en tête l'hôpital Emile Roux de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), avec un score de 99,64 sur 100. Suivent, avec 99 points sur 100 : le groupe Bichat-Claude Bernard, l'Hôpital européen Georges Pompidou à Paris, le Centre hospitalier de Maubeuge (nord)...

Roselyne Bachelot a noté qu'en un an, "tous les indicateurs du tableau de bord sont en nette amélioration".

Progression "des bons établissements de soins" dans la lutte contre les infections nosocomiales

85,6% des établissements sont fortement mobilisés dans la lutte contre ces infections, 84,5% surveillent les infections du site opératoire. Les 162 hôpitaux ou cliniques qui ne les ont pas surveillés - sur un total de 1.575 - sont cités, mais exclus du classement annuel. "Ils feront l'objet d'un suivi particulier", a dit la ministre de la santé Roselyne Bachelot.
La consommation de solutions hydro-alcooliques pour se laver les mains, point faible du dernier classement, a "largement progressé", avec près de 25% des établissements obtenant une bonne note dans ce domaine contre 11% en 2006.
Tous indices confondus, "la proportion des bons et très bons établissements a doublé" en un an, à 48%, a souligné la ministre.

Prevenir les risques liés aux micro-greffes, tatouages et piercings

Elle a estimé qu'il convenait maintenant d'élargir la prévention à toutes les "infections associées aux soins" (IAS), parce que les phénomènes infectieux "ne se limitent pas aux seuls établissements de santé", touchant aussi l'hospitalisation à domicile, les maisons de retraite, la médecine de ville -voire les "pratiques non médicales appliquées sur le corps humain", telles que micro-greffes capillaires, tatouages ou piercings.
Un "plan stratégique" de prévention des infections associées aux soins (IAS) va donc être lancé, qui inclura les établissements de santé.
En outre, les indicateurs actuels, qui ne mesurent que les actions de lutte des établissements de santé, devraient se doubler d'indicateurs "de résultats", qui pointeront le nombre de cas de maladies nosocomiales et fixeront des objectifs.

Sources : Nouvel Obs.com - Santé.gouv.fr


 ... En bref... En bref... ... En bref...

Ces deux dernières années, près de 46 millions d’euros ont été accordés pour financer la prévention des Infections nosocomiales.

*  *  *

En 2008, 16 études et projets de recherche ont été financés par le ministère de la santé,pour environ 780 000 €.

*  *  *

En 2007 et 2008, des nouvelles mesures financières ont été accordées pour les équipes opérationnelles d’hygiène hospitalière afin de financer des postes de médecins ou pharmaciens et des postes d'infirmiers.

*  *  *

Le coût total sur 2007 et 2008 s’élève à 18,650 M€ et est réparti sur l’ensemble des tarifs.

*  *  *

L’information des usagers – Information des personnes malades le renforcement de la transparence :
Les établissements de santé sont tenus de renseigner le public sur la lutte contre les infections nosocomiales à travers d’une part, le livret d’accueil remis au patient hospitalisé et, d’autre part, le bilan annuel des activités de lutte contre les infections nosocomiales, accessible au public.

*  *  *