D’ici 2030, trois personnes sur cinq vivront dans les villes et 28% de la population sera âgée de plus de 65 ans, il est donc nécessaire de mettre en place dès aujourd’hui des structures adaptées pour répondre aux enjeux liés à la place des aînés dans les villes.

De nombreux axes peuvent être développés pour relever le défi du vieillissement démographique, comme les transports, l’habitat, l’urbanisme, le logement, les prestations de services et le renforcement du lien social.

Le rôle des communes est donc primordial pour favoriser une politique locale en faveur des aînés. Chaque ville qui s’engagera dans l’obtention de ce label témoignera d’une véritable volonté d’établir un plan d’action sur 5 ans. Un élu municipal « Bien vieillir - Vivre ensemble » sera désigné comme référent et coordinateur du programme entre les différents services de la commune.

Après avoir rempli un dossier de candidature, la commune qui recevra le label devra respecter un cahier des charges et élaborer un calendrier sur un cycle de 5 ans :
- Année 1 : réaliser un audit de la commune réalisé par un comité de pilotage.
- Année 2 : élaborer un plan d’action sur trois ans à partir des résultats de l’audit. mettre au point d’indicateurs de référence pour mesurer la mise en oeuvre du programme.
- Années 2 à 4 : lancer un plan d’actions sur trois ans.
- Année 5 : évaluer les actions mises en oeuvre durant ces trois années www.travail-solidarité.gouv.fr

Les communes pourront s’appuyer sur tous les projets novateurs qui auront été réalisés afin d’améliorer le quotidien des aînés grâce au réseau national et international de l’OMS. « Vivre pleinement un âge dense et riche, une nouvelle étape de la vie, dans les meilleures conditions, physiques et psychologiques, voilà un projet qui doit devenir une réalité pour tous et pour lequel nous devons nous mobiliser. C’est tout l’objet du plan national Bien vieillir. » a souligné Roselyne Bachelot-Narquin.

« Ce label participera à cette volonté d’anticiper les évolutions de demain pour assurer à nos aînés la meilleure qualité de vie possible dans les villes. C’est à nous tous, au Gouvernement, aux élus, aux associations, aux spécialistes, aux organismes internationaux, de répondre au défi du vieillissement démographique » indiquait Nora Berra.

Le maire pour une municipalité ou le président pour une communauté de communes doit adresser le dossier de candidature
pour le label “Bien-vieillir - Vivre ensemble” par voie postale à :

Monsieur le Directeur Général de l’action sociale - 14, avenue Duquesne - 75350 Paris 07 SP

 

Pour en savoir plus:

Lancement du label « bien vieillir » - Discours de Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN


[ 15 juillet 2009 ]

Mercredi 15 Juillet 2009
sous réserve du prononcé

Madame la secrétaire d’État, chère Nora Berra,
Monsieur le directeur du département « vieillissement et cycle de vie » de l’organisation mondiale de la santé (OMS), cher John Beard,
Monsieur le président de l’association parlementaire « Vieillir en France », cher Philippe Vitel, _Madame la représentante de l’association des maires de France, chère madame Serres-Combourieu,
Monsieur le président du comité de suivi du plan « Bien vieillir », cher Jean-Pierre Aquino,
Mesdames, messieurs,

« Vieillir ensemble, ce n’est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années. »

Avec ces mots, le psychosociologue Jacques Salomé n’illustre-t-il pas l’un des nouveaux enjeux de nos sociétés modernes ?

La multiplication des progrès techniques et l’amélioration des conditions de vie ont en effet permis un allongement significatif de l’espérance de vie : cette dernière s’accroît d’un trimestre par an et dépasse désormais 80 ans. Ainsi notre population vieillit-elle de plus en plus.

Nous sommes actuellement en pleine transition démographique : plus de 10 millions de personnes, dans notre pays, auront plus de 65 ansl’année prochaine, ce qui représente 16% de la population aujourd’hui, et probablement 28% dans 40 ans.

Nous comptons même, parmi nos concitoyens, un nombre croissant de centenaires, 6000 aujourd’hui, et 150000 prévus en 2050.

Cette évolution ne concerne pas seulement les intéressés, qui, vivant plus longtemps, aspirent à vivre mieux ; mais elle constitue aussi un défi majeur que tous, ensemble, nous devons relever.

La place et le sort donnés aux personnes âgées ne reflètent-ils pas l’état de santé de toute une civilisation ?

C’est pourquoi nous devons impérativement agir, notamment dans le domaine de la prévention, afin d’accompagner nos aînés dans une nouvelle période de leur vie, pour qu’elle

soit celle d’un vieillissement réussi et épanoui, celle d’un « vieillissement actif », pour reprendre l’expression de l’organisation mondiale de la santé (OMS).

Intimement convaincue que l’amélioration de la qualité de vie de nos aînés, qui engage chacun d’entre nous, nécessite une approche transversale, j’ai souhaité une collaboration fructueuse de mon ministère avec celui du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville.

Ce travail conjoint a permis la mise en place du plan national « Bien vieillir » 2007-2009, dont j’ai installé le comité de suivi, présidé par le docteur Jean-Pierre Aquino, en compagnie, déjà, de la secrétaire d’Etat à la solidarité.

Ce plan comprend notamment la création du label « Bien vieillir – vivre ensemble », dont les critères d’attribution viennent d’être exposés dans le détail. Destiné à promouvoir et à soutenir les communes qui prennent en compte le vieillissement de leurs populations dans leurs politiques locales, il s’inspire également dans sa démarche, certains d’entre vous le savent peut-être moins, de celle du programme national nutrition santé (PNNS), qui a, lui aussi, créé un label permettant de fédérer les acteurs locaux et d’impliquer les municipalités comme « villes actives PNNS ».

Au-delà de cette mesure, le plan « Bien vieillir » prévoit trois grandes orientations en faveur d’un vieillissement positif.

Il s’agit d’abord d’assurer la promotion de comportements favorables à la santé, en matière d’alimentation aussi bien qu’en matière d’activité physique, en lien étroit avec le PNNS dont je parlais il y a un instant.

Il s’agit ensuite d’organiser une prévention ciblée et efficace, pour empêcher ou retarder l’apparition de pathologies ou d’incapacités.

Je pense en particulier à la lutte contre l’hypertension artérielle, les troubles sensoriels, certains cancers ou d’autres maladies liées à la vieillesse, comme la maladie d’Alzheimer.

Il s’agit enfin de maintenir ou de favoriser l’investissement de nos aînés dans la vie sociale, notamment en consolidant le lien intergénérationnel.

C’est dans cette optique que le plan comporte un certain nombre de mesures, qui conjuguent la prévention et le dépistage précoce à une amélioration des pratiques des professionnels.

La plupart d’entre elles ont déjà été mises en œuvre : c’est le cas notamment pour le bon usage des médicaments, les recommandations relatives aux produits anti-âge, la généralisation des programmes de dépistage organisé du cancer du sein et du cancer colorectal, ou le remboursement de l’ostéodensitométrie pour les femmes ménopausées.

Naturellement, je souhaite que ces mesures soient poursuivies et renforcées, dans l’intérêt de nos concitoyens.

C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’un groupe de travail est en train d’élaborer la consultation dite « de longévité », qui propose une consultation de dépistage et de

prévention pour les personnes entre 50 et 60 ans, en particulier pour la préparation à la retraite.

Je tiens particulièrement à toucher les populations traditionnellement éloignées des campagnes classiques de prévention et de dépistage, et je veux profiter de l’occasion qui m’est ici donnée pour saluer le partenariat entre l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) et l’institut de veille sanitaire (InVS), qui a permis d’élaborer des outils plus spécifiques afin de satisfaire cet objectif.

Une expérimentation et une évaluation sont prévues dans quatre départements dès cette année, avant que ne débute le processus de généralisation l’an prochain. Les crédits nécessaires seront prévus dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2010.

Bien vieillir : n’est-ce pas là le projet que chacun est en droit de nourrir ?

Un projet qui ne serait pas celui de trouver une illusoire fontaine de jouvence, mais, au contraire, de vivre pleinement un âge dense et riche, une nouvelle étape de la vie, dans les meilleures conditions, physiques et psychologiques.

Pour que ce projet devienne une réalité pour tous, nous devons nous mobiliser.

C’est tout l’objet du plan national « Bien vieillir ».

C’est tout l’objet de cette mesure spécifique qu’est le label « Bien vieillir – vivre ensemble », que j’ai le plaisir de lancer aujourd’hui avec vous.

Je vous remercie.